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mardi 22 décembre 2020

Inverno (Hiver)



"His soul swooned slowly as he heard the snow falling faintly through the uni­verse and faintly falling, like the descent of their last end, upon all the liv­ing and the dead."





Franco Battiato chante Inverno (Hiver), de Fabrizio de André :

Sale la nebbia sui prati bianchi
come un cipresso nei camposanti
un campanile che non sembra vero
segna il confine fra la terra e il cielo.

Ma tu che vai, ma tu rimani
vedrai la neve se ne andrà domani
rifioriranno le gioie passate
col vento caldo di un'altra estate.

Anche la luce sembra morire
nell'ombra incerta di un divenire
dove anche l'alba diventa sera
e i volti sembrano teschi di cera.

Ma tu che vai, ma tu rimani
anche la neve morirà domani
l'amore ancora ci passerà vicino
nella stagione del biancospino.

La terra stanca sotto la neve
dorme il silenzio di un sonno greve
l'inverno raccoglie la sua fatica
di mille secoli, da un'alba antica.

Ma tu che stai, perché rimani ?
Un altro inverno tornerà domani
cadrà altra neve a consolare i campi
cadrà altra neve sui camposanti.







Le brouillard s'étend sur les prairies blanches,
comme un cyprès dans les cimetières,
un clocher presque irréel
marque la limite entre la terre et le ciel.

Mais toi qui t'en vas, tu dois rester,
tu verras que la neige s'en ira demain
et refleuriront les joies passées
avec le vent chaud d'un autre été.

Même la lumière semble mourir
dans l'ombre incertaine d'un devenir
où même l'aube devient le soir
et les visages semblent des têtes de cire.

Mais toi qui t’en vas, tu dois rester,
la neige aussi disparaîtra demain
l'amour encore viendra nous visiter
à la saison de l'aubépine.

La terre lasse sous la neige
dort en silence d'un sommeil lourd
l'hiver recueille sa fatigue
de mille siècles, depuis une aube ancienne.

Mais toi qui restes, pourquoi demeures-tu ?
un autre hiver reviendra demain
la neige tombera encore pour consoler les champs
la neige tombera encore sur les cimetières.

(Traduction personnelle)






Images : en haut, Roberto Mariani  (Site Flickr)

en bas, Roberto Solbiati  (Site Flickr)


 Source de la vidéo : Site Flickr

vendredi 27 septembre 2019

Polesine, autunno (L'automne en Polésine)




En novembre 1932, Giuseppe Ungaretti voyage dans la plaine de la Polésine, en Vénétie, entre le Pô et l'Adige. C'est pour Ungaretti "le pays de l'eau", une terre plate et nue comme le désert, en grande partie immergée, attirée par l'abîme marin ; terre biblique, submergée et gorgée d'eau, comme si l'on était après le Déluge... Il raconte ce voyage dans un chapitre de son ouvrage Il deserto e dopo [À partir du désert] :

Riflessi

Ne ho visti paesi ; ma, in Italia, uno senza attorno monti — eppure tutto dipendente da monti invisibili — senza un'ondulazione apparente, piano come un vassoio, chi se l'aspettava ? E l'averlo visto d'autunno, e come coperto dal fiato grosso d'un bove, è averne indovinato l'ora. Perché non esiste terra nuda : o c'è il sole, o l'acqua, o la neve, o, come ora qui, — nei punti più patetici, sul grano nascente — c'è un nuvolame torpido.


L'autunno è un sogno che stenta a scomporsi, è la solitudine e la violenza che si dànno l'ultimo addio, può tentennare in uno sfarzo bizantino, pieno di suoni di campane e di trombe, oppure, di cattivo umore, può, a dispetto della stanchezza, sentire non la decadenza cui allude, ma che il sogno rinascerà. E, meno rassegnato e più magico che in questo triangolo colle acque convenute da tutte le parti, che è come un campo di battaglia dei fiumi e del mare, dove trovare un autunno ? Non gli ori e i bronzi — ci sono, è vero, i cumuli di canapuli — accanto a bacini d'acqua ora dormente sotto le croste, a ciottoli ammucchiati dolcemente lisci, che servirono a tenere la canapa a fondo — gli stessi dell'acciottolato che fa di queste strade come letti smessi di fiumi — non l'oro antico dei canapuli, né la porpora conta qui nel tramonto dell'anno ; ma l'acqua pregna dei suoi riflessi, e quest'autunno è come una lama nei fumi, insieme un che di teso e tenero, di farneticante e di materno.

Certo sono qui oggi gran begli effetti, e fossi pittore non mi staccherei da questi posti : nelle lontananze autunnali, l'acqua coi suoi riflessi mette un balenìo, suscita mille di queste difficoltà che sempre faranno gola a ogni artista vero ; dovreste vedere, come qui i pioppi si coprono, col ciuffo quasi volatilizzato dai pennacchi dell'umidità, al minimo dondolìo, d'un tremito di squamme ! In mezzo ai campi, tratto come un dado, un casone rosso fiammante colle persiane verde pappagallo, tra le iridescenze e le nebbioline, se ne sta come sfornato ora dal maiolicaro.

E della sera, che direste della sera ? Il rosso è appena appena una strisciolina ed è un rosso lavato, ma sotto, aprendo uno spazio senza fine, prolungando la pianura all'infinito, c'è un cielo fattosi orizzontale, che simula il mare, un incredibile cielo di porcellana. Nessuna malinconia supererà questa : la terra ridotta un'ombra vagante verso quell'alcova di cielo lunatico.

Giuseppe Ungaretti  Il deserto e dopo  Mondadori Editore, 1961






Reflets

J'ai vu mainte contrée : mais en Italie, en trouver une sans montagnes alentour (encore que toute soumise à des montagnes invisibles), sans une ondulation apparente, un vrai plateau, qui l'eût cru possible ? Et l'avoir découverte à l'automne, comme sous l'haleine énorme d'un bœuf, c'est l'avoir surprise à son heure. La terre n'est jamais seule ; ou il y a le soleil, ou les eaux, ou la neige, ou, comme ici (en ses points les plus touchants, au-dessus du jeune blé), une longue nuée engourdie.

L'automne est un songe qui tarde à se défaire, c'est le dernier adieu de la solitude et de la violence ; il peut tituber dans un faste byzantin, plein de bruits de cloches et de cuivres, ou, de méchante humeur, en dépit de sa fatigue, pressentir non la décadence qu'il évoque, mais le renoncement du songe. Et où trouver automne plus magique, moins résigné qu'en ce triangle où les eaux confluent de toutes parts, champ de bataille de la mer et des fleuves ? Ce ne sont pas les ors et les bronzes (il y a pourtant les tas de chènevottes) à côté des bassins d'eau maintenant stagnante sous ses croûtes, à côté des doux galets polis amoncelés qui servirent à maintenir le chanvre au fond (les mêmes cailloux qui font de ces routes des lits de rivière à sec), ce n'est pas l'or ancien des chèvenottes, ni la pourpre qui comptent ici dans le crépuscule de l'année ; mais l'eau enceinte de ses reflets ; et cet automne est comme une lame dans les fumées, quelque chose à la fois de tendre et de tendu, de fiévreux et de maternel.

Ah ! il y a ici aujourd'hui des effets admirables ! Peintre, je ne pourrais m'arracher à ces lieux : dans les lointains automnaux, l'eau, de ses reflets, allume une succession d'éclairs, suscite mille de ces difficultés qui exciteront toujours le véritable artiste ; il faut voir ici les peupliers, la cime presque volatilisée par les panaches de l'humidité, se couvrir, à la moindre oscillation, d'un tremblement d'écailles ! Jetée comme un dé au milieu d'un champ, une maison d'un rouge flamboyant aux persiennes vert perroquet semble, parmi les iridescences et les traînées de brume, sortir du four du faïencier. 

Et de ce soir aussi, que diriez-vous ? De rouge, il n'y a guère qu'une très étroite bande, et c'est un rouge lavé ; mais au-dessous, ouvrant un espace sans bornes, prolongeant la plaine à l'infini, il y a un ciel horizontal qui imite la mer, un incroyable ciel de porcelaine. Aucune mélancolie ne peut surpasser celle-ci : la terre, réduite à une ombre, errant vers cette alcôve, vers ce ciel lunatique.

Traduction : Philippe Jaccottet  (À partir du désert, Éditions du Seuil, 1965)











Images : (1) Antonio  (Site Flickr)

(2) et (4) Fabrizio Pivari  (Site Flickr)

(3) Giuseppe  (Site Flickr)




samedi 21 septembre 2019

Proverbi siciliani (Proverbes siciliens)




Cette chanson de Rosa Balistreri est composée d'une suite de proverbes siciliens. La traduction que j'en propose ici n'est pas littérale ; j'ai essayé de rendre la substance de ces proverbes en m'inspirant ça et là de certains dictons français presque équivalents et en jouant parfois sur les rimes, afin de conserver à ces diverses expressions leur forme de proverbes.

Tutti li cosi vannu a lu pinninu
ed a lu peju ‘un ci si nclina ognunu
a cu duna a cu leva lu distinu
e nun ci pari mai lu nostru dunu.

Nun curri paru lu nostru caminu
pocu cridi lu saggiu a l’importunu
lu riccu mancu cridi a lu mischinu
lu saziu nun cridi a lu dijunu.

Pi troppu ventu lu vasceddu sferra
pi la gran frevi lu malatu sparra
p’assai cunsigli si perdi la guerra
e pi tanti giudizii si sgarra.

Lauda lu mari e teniti a la terra
pensa la cosa prima ca si sparla
pirchì haju ntisi diri a la me terra
cu fa li cosi giusti mai li sgarra.

A chiànciri figliuzza chi cci cavi
lu sangu t’arribbelli e po’ murìri
pacenzia ci voli a li burraschi
ca nun ci mancia meli senza muschi.

Ma cu’ du lepri voli assicutari
nè unu e nè l’autru po’ aggarrari
ma cu nun fa lu gruppu a la gugliata
perdi lu cuntu cchiù di na vota.

Ci dissi lu jadduzzu a la puddastra